4.000 hôtels risquent de fermer dans moins de 3 ans
22 décembre 2010
La crise économique est passée par là. Mais pas seulement. Le Comité en parle depuis sa création il y a 5 ans. Les hôtels indépendants français — plus de 14.000 établissements — ont trop souvent une trop petite capacité (25 chambres en moyenne) pour atteindre leur nécessaire seuil de rentabilité. Ils manquent de fonds propres.
Une grande partie du parc hôtelier est obsolète, avec 1/4 de l'offre vétuste ou très vieillie et 1/3 à bout de souffle (voir le Livre Blanc du Comité), soit parce que les hôteliers ont baissé les bras, soit parce qu'ils ne trouvent pas de financement, notamment par manque de rentabilité. Les efforts de commercialisation des hôteliers sont très insuffisants : près de 82 % développent peu ou pas du tout de prospection de clientèles. Se mettre aux nouvelles normes de sécurité et d'accessibilité pour les personnes handicapées est impossible pour beaucoup d'exploitants. Des jeunes que personne n'aide à s'installer dans leur première affaire ne peuvent prendre la relève, notamment pour compenser les départs des nombreux propriétaires qui souhaitent la retraite.
Toutes ces raisons et bien d'autres sont à l'origine d'une grave fragilisation de l'hôtellerie française.
En 15 ans, plus de 600 hôtels ont déjà disparus, mais ce sont plus de 2.800 dans les gammes économiques, avec le risque que la clientèle ne trouve plus d'hôtels à petits budgets. Avec 4.000 fermetures très prévisibles, ce seront bientôt 6 fois plus d'unités hôtelières qui fermeront définitivement leurs portes. Ces extinctions annoncées, ce sont des hôtels de charme, des hôtels de caractère, des hôtels familiaux,… Ne restera-t-il à terme plus que des hôtels de chaînes et des bâtiments très standardisés et uniformes ?
Pour l'instant, ces messages du Comité sont repris ici et là. Une prise de conscience s'installe, enfin. Mais ce n'est pas suffisant. Les pouvoirs publics et les instances territoriales doivent agir, avec nous. Il est urgent d'aller vite ! Il existe beaucoup de solutions. Encore faut-il décider de les mettre en place, avec une forte volonté de sauver ce qui peut et mérite de l'être. Il n'y a pas de tourisme de qualité, sans hôtellerie de qualité.
Voir également notre Lettre Ouverte eu Ministre du Tourisme sur le sujet.