Ces hôteliers qui refusent les nouvelles étoiles

25 octobre 2011

De plus en plus d'hôteliers refusent le nouveau classement, nous ne cessons de le rappeler. C'est également la voie qu'encourage désormais le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française. Dans une enquête réalisée en février 2011 par Coach Omnium, 53 % des hôteliers indépendants déclaraient ne pas vouloir demander le nouveau panonceau rouge. Ils en apportent la preuve avec si peu de demandeurs à ce jour (moins de 2.300), malgré le lancement il y a bientôt 2 ans de la procédure.

Heureusement pour les défenseurs des nouvelles normes, les chaînes intégrées, entraînées par Accor, vont se faire étoiler, avec zèle et de manière surprenante en demandant une étoile supplémentaire par rapport à leur homologation précédente. On n'attendait pas d'elles qu'elles trouvent ce classement utile pour leur activité, avec leurs marques parfois très connues du public. A moins qu'il ne s'agisse que d'une opération pour faire plaisir à Atout France et ainsi bénéficier de ses faveurs promotionnelles. Passons.

Les autres hôteliers, ces indépendants qui rejettent ces nouvelles étoiles sans crédit (à tous points de vue), acceptent l'idée révolutionnaire que leur hôtel pourra exister sans afficher d'étoile. Si ceux-là repoussent tout projet de nouveau classement pour leur établissement, il existe différentes raisons à cela : voir notre article sur le sujet.


Un pourfendeur contre le nouveau classement et qui l'affiche

Certains sont même devenus des récalcitrants actifs, tel Jean-Michel Noullet, dont son charmant hôtel-restaurant s'appelle "Mendi Alde" en Pays Basque. Il n'a pas perdu son temps. Ses étoiles ont déjà disparu de la façade de son hôtel et de son site Internet. Avec humour, il les a remplacées par deux "palas", ces raquettes en bois avec lesquelles on pratique l'un des jeux de pelote basque.

"Ne cherchez pas à quoi peuvent bien correspondre deux palas, ni à savoir si d'autres établissements figurent dans la même catégorie. Jean-Michel Noullet est pour l'instant le seul professionnel du Sud-Ouest - et du monde - à revendiquer ce classement qu'il a inventé", selon le journal Sud-Ouest.

Son choix n'est pas lié à la crainte de ne pas être à la hauteur. Son bel établissement a la cote auprès de la clientèle et est bien noté sur les sites de commentaires de voyageurs. "Quand ils ont sorti la réglementation, je l'ai téléchargée. Arrivé à la deuxième page, j'ai tout mis à la poubelle, se souvient Jean-Michel Noullet. Je suis allé à des réunions professionnelles. J'ai posé trois questions. J'attends toujours les réponses."

La refonte du système d'attribution des étoiles représente au contraire un pas en arrière, selon lui. "C'est compliqué de capter et de fidéliser un client. Ce qu'il cherche d'abord, c'est le meilleur rapport qualité-prix. Les clients n'ont plus besoin des étoiles. Pour les organismes qui gèrent le dispositif, c'est devenu une pompe à fric, assure Jean-Michel Noullet. Internet a tout changé. Les hôteliers sont obligés d'évoluer, de faire des travaux, de progresser. S'ils ne le font pas, les internautes le disent. La sélection va se faire aussi comme ça."


Internet a changé toute la donne.

En effet, les étoiles ont de moins en moins d'importance aux yeux de la clientèle hôtelière. 9 sur 10 choisissent leur hôtel sur Internet, selon l'étude de Coach Omnium, et 3/4 se rendent sur des sites de commentaires de voyageurs pour se faire une idée sur les hôtels qui les intéressent. Si pour 6 clients d'hôtels sur 10 les étoiles étaient un critère pris en compte il y a encore 3 ans — bien que la majorité les trouvaient déjà pas fiables — ils ne sont plus que 3 sur 10 à rechercher les étoiles. Et encore, c'est un de leurs critères parmi plusieurs autres. Rien de plus.

C'est le prix qui est devenu [pour plus de 7 voyageurs sur 10] la référence substantielle pour situer un hôtel. Jean-Michel Noullet a par conséquent entièrement raison. L'absence d'étoiles ne changera rien au destin de son hôtel.

Aujourd'hui, seulement 15 % des hôteliers indépendants développent une commercialisation active. Or, justement, la solution à la plupart des problèmes des exploitants viendra de leur commercialisation, en agissant pour trouver leurs clients : un site Internet qui donne l'envie de venir et qui est dynamique, une activité commerciale performante et même adhérer à une chaîne hôtelière volontaire efficace et ainsi se désisoler. Les étoiles, c'est fini, bien qu'une poignée de désinformés (ou d'intéressés) veulent faire croire le contraire.  

Avec Sud-Ouest

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