Classement hôtelier : les nouveaux panonceaux rouges ne sont pas portés que par de bons hôtels…
24 octobre 2011
"Le nouveau classement hôtelier va permettre à l'hôtellerie française de se moderniser et va la valoriser" peut-on lire et entendre depuis 2009 par le Ministère chargé du tourisme. Ah oui ? Gardons un doute sur cette annonce victorieuse. Si à peine moins de 2.300 hôteliers ont demandé à en bénéficier à fin octobre 2011, malgré l'immense battage médiatique qui a suivi le lancement des nouvelles étoiles et la mobilisation des syndicats hôteliers et d'Atout France, on se rend compte que les "élus" ne sont pas tous des hôtels irréprochables dans leur offre. Loin s'en faut ! La galerie de quelques photos que nous avons sélectionnées parmi des centaines (voir ci-dessous) provenant d'hôtels nouvellement classés en atteste.
Chambres de petites tailles, équipement minimaliste, occultation déficiente, salles de bains bas de gamme dans des 4 étoiles, vieux postes de TV, douche-cabine dans la chambre, des 4 étoiles qui restent des hôtels de moyenne gamme, etc. ne sont que des exemples qui font penser que bien des propriétaires d'hôtels et de chaînes n'ont eu aucun effort particulier à faire pour décrocher leur nouveau panonceau rouge, objet de toutes les fiertés de nos deux derniers Secrétaires d'Etat en charge du tourisme. Et certains de ces hôtels ont même gagné une étoile par rapport à leur classement précédent !
On comprend bien que c'est toute la chaîne du système qui est à mettre en cause : un référentiel minimaliste, peu exigeant et très imparfait ; des cabinets d'audits accrédités qui trichent ou qui ne font pas correctement leurs missions ; le Cofrac chargé de les contrôler qui encaisse leurs redevances mais qui ne fait pas son travail ; et enfin Atout France en fin de circuit qui est trop content d'enregistrer toute nouvelle affiliation en étant peu regardant. Mais ce dernier, aux abois devant l'échec du classement hôtelier et déçu que si peu d'hôteliers se ruent sur les étoiles, a comme stratégie de recruter au chalut. Peu importe la qualité de l'offre hôtelière demandeuse, pourvu que l'on puisse compter un maximum d'inscrits. La quantité plutôt que la qualité, comme toujours.
Le meilleur et le pire subsistent
Mais la situation n'est bien sûr pas aussi tranchée. On trouve évidemment parmi les nouveaux classés le meilleur de notre hôtellerie dans toutes ses gammes. Mais aussi le pire, accepté malgré tout. Comme auparavant. Et les exploitants qui ne demanderont pas à être classés et qui abandonneront sans remord leurs anciens panonceaux bleus en juillet 2012, auront dans leurs rangs le meilleur et le pire de notre hôtellerie, là aussi.
Cette défaillance du nouveau classement qui laisse passer une médiocrité subsistante, avait été annoncée maintes fois par le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française. Cela prouve que le fameux plan de modernisation est inutile, non fiable et non crédible. A qui profite-t-il, en vrai ? Cela fait surtout du tort aux professionnels qui veulent bien faire, mais aussi à la clientèle hôtelière qui ne peut se fier aux panonceaux rouges.
Nous aurions également pu présenter des photos d'hôtels merveilleux et les comparer avec des hôtels miteux, ou passablement limités dans leur offre, se trouvant dans la même gamme. Mais cela aurait été trop cruel pour les premiers d'être comparés ainsi aux seconds. Bref, quand cessera-t-on de faire prendre les vessies pour des lanternes ?
