Un journal qui ignore l'actualité

24 août 2011

bouche.001-001Le  journal L'Hôtellerie-Restauration, par son "édito" du 24 août 2011, nous démontre une fois de plus qu'il ignore totalement les enjeux du nouveau classement hôtelier et ne sait pas de quoi il parle. Il s'installe dans l'erreur (volontairement ?), comme nous avions déjà eu l'occasion de le démontrer, en donnant des mauvais conseils, non avisés, à la profession.

Ses affirmations sont entièrement irresponsables et ne s'appuient sur aucune argumentation étayée par des résultats d'études sérieuses ou encore par une observation compétente du marché hôtelier, puisque ce journal n'en présente pas pour justifier ses commentaires.

Ainsi, il déclare à propos du classement hôtelier (étoiles) :  "Il n'est d'ailleurs que temps pour les hôteliers de concrétiser leur dossier de nouveau classement dont l'échéance est aujourd'hui à moins d'un an, les absents de ces nouvelles normes étant certains de subir une disqualification sans appel, tant vis-à-vis de leurs concurrents déjà classés que d'une clientèle qui préfèrera toujours un hôtel étoilé à un établissement sans homologation. Prétendre le contraire relève de l'incompétence ou d'une ignorance rédhibitoire du métier.

Les chaînes ne s'y sont pas trompées en choisissant de faire classer tous leurs établissements : aux indépendants de ne pas se laisser distancer par des arguments farfelus comme les commentaires sur internet dont on connaît l'absence totale de fiabilité. Renoncer à maîtriser son image et sa communication relève aujourd'hui plus que jamais de l'abandon du rôle de chef d'entreprise."

Bien sûr, tout ce qui est indiqué ci-dessus est faux. Le Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française ne va pas réexpliquer ici, pour la énième fois (voir nos article, analyses et études en ligne sur 3 ans), que :

- les étoiles, c'est fini et que ce n'est plus une référence pour la clientèle française comme étrangère,

- les hôteliers sont libres et n'ont aucune obligation, ni juridique, ni commerciale, à se faire classer selon les nouvelles normes,

- les nouveaux classés n'ont pas obtenu davantage de clients depuis qu'ils sont classés et les autres n'en ont pas perdus ; il en sera ainsi durant les années à venir,

- les clients d'hôtels ne préféreront pas un hôtel homologué à un hôtel qui ne l'est pas, parce que les étoiles n'ont aucune crédibilité et n'en auront pas plus à cause des critères très minimalistes du nouveau classement hôtelier, et parce que les clients ont désormais d'autres références pour choisir un hôtel,

- les clients passent à 84 % par Internet pour trouver leurs hôtels et ils sont 3/4 à se fier, à juste titre, aux sites de commentaires de voyageurs, qui sont considérés comme ce qu'il y a de plus utile et informatif en ce moment,

- le modèle des chaînes hôtelières (intégrées), pris en exemple par L'Hôtellerie-Restauration, n'est pas à suivre pour le commun des hôteliers indépendants, surtout avec un surclassement d'une étoile supplémentaire. Nottons au passage que ce journal honore les chaînes et pense naïvement que ce qu'elles font est forcément bien.

Nous n'affirmons jamais quoi que ce soit en l'air au Comité et nous avons fait réaliser plusieurs études qui confirment nos analyses. Le Comité travaille dans l'intérêt des hôteliers et de leurs clientèles. Répondre à cet édito est juste amusant, même si son contenu l'est beaucoup moins.

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