Les hôteliers indépendants : pas "chaud-chaud" pour le nouveau classement

12 avril 2011

graphique.001-001Un sondage auprès de 529 hôteliers indépendants représentatifs de l'offre nationale a été réalisé début 2011 par la société d'études marketing et économiques Coach Omnium. Le cabinet a enquêté sur divers sujets, parmi lesquels celui du nouveau classement hôtelier. La question a été posée sur les intentions des hôteliers de se faire classer selon les nouvelles normes de 2009. Le résultat est patent et montre que si 47 % des professionnels ont déjà obtenu, demandé ou envisagent de se faire classer, 53 % des professionnels déjà homologués selon les normes de 1986 veulent bien abandonner leurs étoiles, ce qui va immanquablement faire chuter le parc d'hôtels français étoilés.

Par ce nouveau classement, parmi les hôteliers qui souhaitent demander ou ont déjà demandé un nouveau classement : 26 % ont l'intention d'augmenter de catégorie (demander une étoile supplémentaire), 57 % resteront dans la même gamme, tandis que 17 % sont encore hésitants.

Pour 42 % des hôteliers interrogés par Coach Omnium, le nouveau classement est un support approprié pour promouvoir leur hôtel, tandis que 31 % pensent le contraire (27 % n'ont pas d'opinion sur le sujet).

On voit que le nouveau classement hôtelier, largement communiqué à la profession depuis au moins 2 ans, convainc certains et pas d'autres. Pour autant, il est surprenant de constater que plus de la moitié (53 %) des hôteliers indépendants ne souhaitent pas faire classer leur établissement selon ces nouvelles normes. Les raisons à cette renonciation sont multiples, liées soit à un rejet pur et simple de la procédure ou de la norme, soit à une impossibilité matérielle supposée (pourtant les niveaux d'exigence des critères sont minimalistes). 38 % ne croient pas qu'être nouvellement classé puisse leur apporter un bénéfice ; pour 22 % c'est trop coûteux ; 18 % pensent que la procédure est trop compliquée ou complexe et enfin 15 % ne veulent tout simplement pas être audités. La plupart des récalcitrants sont d'avis que leur adhésion à une chaîne hôtelière volontaire (Logis, Best Western, Relais & Châteaux,…) ou/et que leur action commerciale sur Internet peuvent largement suffire et leur permettra de ne plus devoir arborer des étoiles, dont les clients tiennent de moins en moins compte.

A noter que de nombreux hôteliers pensent — à tort : par méconnaissance ou victimes de désinformation — que le nouveau classement sera obligatoire et qu'ils ne pourraient plus exploiter leur établissement en ne se faisant pas classer avant la date butoir de juillet 2012. Il faut également noter que des réseaux volontaires tels que Inter-Hôtel/Relais du Silence (SEH) imposent désormais le classement de leurs hôtels membres. Il en va de même pour accéder à des prêts par Oséo. Enfin, certains départements exigent de "leurs" hôteliers un classement selon les nouvelles normes et en font une obligation pour toucher des aides ou des subventions. Cela en fait autant de classés sans conviction pour les étoiles, tout comme de nombreux hôteliers sont syndiqués sans y croire, uniquement pour payer moins de redevances TV ou Sacem, par exemple.

On constate ici encore que pour l'instant, le nouveau classement hôtelier n'est pas un succès auprès de la profession. Sur le plan national, à mi-février 2011, seulement 840 hôtels étaient nouvellement classés, soit moins de 5 % (comme dans notre enquête) du parc homologué actuel.

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