Nos étoiles brillent largement moins que celles de l'Europe

26 mai 2011

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Nous n’en finirons jamais — hélas — de parler encore et encore du nouveau classement hôtelier, au Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française (voir rubrique "spécial classement sur notre site"). Chaque jour qui passe, nous sommes surpris par les marchands du temple toujours plus nombreux pour profiter du système et pour chercher à gagner de l'argent sur le dos des hôteliers, plutôt désarmés face à la complexité incroyable qui est celle des étoiles nouvelles normes. On leur vend des formations, des pré-diagnostics, du conseil,… quand ce n'est pas bien plus. On leur fait croire que le nouveau classement sera obligatoire. Nous sommes également étonnés (pourtant nous savions que tout se passerait ainsi) par les déclarations bien injustifiées d'autosatisfaction sur le sujet, provenant tant du Ministère en charge du tourisme, que de quelques patrons de syndicats hôteliers mal inspirés.   

Aujourd'hui (à chaque jour suffit sa peine), nous nous sommes amusés à comparer les grilles de critères des étoiles françaises avec ceux inscrits dans le référentiel européen de "Hotelstars Union", porté par l'HOTREC. Hotelstars a été créé autour d'une dizaine de pays (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Suède, Tchéquie, Hongrie, Suisse,…) avec pour objectif d'harmoniser la classification des hôtels en Europe. Cette heureuse initiative est ouverte aux autres pays d'Europe... mais pour le moment, la France n'a pas rejoint le mouvement. Et pour cause : elle a la prétention de penser que son propre système d'étoiles, lancé pratiquement en même temps que Hotelstars fin 2009, est le meilleur. Et pourtant, il n'y a franchement pas de quoi pavoiser.

Sans aller jusqu'à comparer ici ligne par ligne les deux référentiels hôteliers, ce serait trop harassant pour le lecteur que vous êtes, on peut retenir des basiques. Ainsi, dans le nouveau classement français, les salles de bains & WC ne sont pas obligatoires dans toutes les chambres jusqu'en 2 étoiles (2/3 de l'offre tout de même). Ni la TV, ni l'accès à Internet, ni le téléphone. Nos hôtels sont pour lilliputiens puisque les tailles minimales de nos chambres sont très en-dessous de ce que propose Hotelstars, à l'image par conséquent de l'hôtellerie de nos voisins européens.

Et il existe ainsi un grand nombre de niveaux d'exigences situés très bas pour nos hôtels, qui choquent (ou font rire) les professionnels hôteliers des autres pays quand on les leur montre. Bref, nos nouvelles normes, présentées étrangement comme progressistes, sont très en-dessous des exigences de nos voisins. Pour un pays qui se présente volontiers comme la première destination touristique mondiale, cela la fiche mal, non ? Sans parler des clients, pour qui le classement — on a tendance à l'oublier — est quand même fait, et qui n'ont jamais été interrogés pour connaître leurs attentes. Ils ne peuvent pas non plus s'exprimer en France via un numéro vert, une adresse mail ou un site Internet liés aux étoiles. Ce doit être ça l'exception culturelle française..!

Il faut également évoquer que le système européen d'attribution des étoiles est nettement, mais alors nettement plus simple que notre usine à gaz, dans laquelle même les vérificateurs s'emmêlent les pinceaux. Entres les points perdus et gagnés, les critères obligatoires rachetés par des prestations facultatives, les pré-diagnostics, les formulaires administratifs, les contrôles sans sens,… une chatte y perdrait ses petits.

On comprend mieux pourquoi nos syndicats hôteliers français, fautivement si fiers de ce qu'ils ont produit dans le classement hôtelier, résistent pour rejoindre Hotelstars Union. Il leur faudrait alors tout revoir à la hausse, y compris les superficies minimales des chambres des hôtels parisiens.

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