Fichez la paix aux Hôteliers et aux Restaurateurs !

19 octobre 2012

Un manifeste pour redevenir raisonnable.

Mesdames et messieurs les responsables du gouvernement, les Députés et Sénateurs, les responsables politiques et les hauts fonctionnaires :

Les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration n'en peuvent plus. Vous leur avez trop servi de vos TVA, taxe sur les chambres d'hôtels dite de luxe, réglementation incendie, classement hôtelier, sécurisation des piscines, normes d'hygiène, réglementation sur l'accessibilité, prime dite Sarkozy, contrat d'avenir, plan de modernisation du tourisme, label Qualité tourisme, permis d'exploiter, distinction palace, information sur les cartes des restaurants, titre de Maître Restaurateur,… et plus encore !

Depuis ces dernières années, les hôteliers et les restaurateurs ont été trop gavés en nouvelles et pesantes contraintes de toutes sortes. C'est bien simple : ils vous demandent pitié ! La casserole est pleine.

Il est vrai que cette cascade réglementaire nouvelle fait suite à deux ou trois décennies de laxisme, où il ne s'était quasiment rien fait de progressiste pour la profession. Mais là, n'est-ce pas de trop ? Pourquoi tout ça si brutalement ? Et pour quoi faire ?

A ne plus rien comprendre

Car si personne d'honnête ne peut contester la légitimité et l'intention de beaucoup de vos réformes (sécurité incendie, classement hôtelier, accessibilité, et même le relevage de la TVA par solidarité nationale), il faut bien reconnaître que presque la totalité de ces "nouveautés" est un bourbier sans nom. De plus, la majorité de ces réformes se trouvent tellement mal ficelées qu'elles en ont perdu tout leur vrai intérêt et tout (bon) sens. La plupart sont des échecs ne menant en rien à ce qui était prévu.

Les hôteliers et les restaurateurs ont aujourd'hui le ciel qui leur tombe sur la tête. Il ne se passe plus une semaine sans qu'on leur annonce de nouvelles règles à venir, de nouveaux prélèvements obligatoires, de nouvelles mesures et taxes, faites — bien sûr, comme vous voulez le faire croire — pour leur bien, pour celui de leurs clients ou pour celui des comptes de la Nation. A ces nouvelles obligations s'ajoutent toutes celles qui existaient déjà auparavant dans le domaine social, dans l'hygiène, dans la protection des consommateurs,… qui produisent autant de contrôles, autant de déclarations administratives, autant de frustrations et autant d'incompréhensions. L'hôtellerie et la restauration sont un des secteurs économiques devenu — à tort ou à raison — parmi les plus contrôlés et les plus réglementés.

Sans compter — et c'est peut-être le pire — toutes ces annonces et contre-annonces, parfois le jour-même, de vous — gouvernants, membres de cabinets ministériels et responsables politiques —, qui lancez vos projets à la presse comme on lâche un ballon au vent pour voir ensuite où il retombera. Un pas en avant, un pas en arrière... comme en ce moment pour la TVA : elle sera augmentée, elle ne le sera pas (?). On a perdu le nord et vous avec.

"Vos hésitations nous font mal à la France".

Comment voulez-vous que les entrepreneurs puissent travailler quand on les fait marcher dans un marécage mouvant d'incertitudes, avec des règles du jeu qui changent au gré des courants et des dogmes des uns et des autres ?

Vous fabriquez l'intranquilité dont ont pourtant besoin tous ces petits patrons d'entreprises qui se battent jour après jour pour s'en sortir, pour payer leurs charges, pour résister à leur banquier, face à la crise économique qui les étouffe.  

Laissez-les tranquille !

Aussi, s'il vous plaît, Mesdames et messieurs les responsables de Gouvernement, Sénateurs et Députés, hauts fonctionnaires,… si vous voulez aider les hôteliers et les restaurateurs de ce pays, laissez-les tout simplement …tranquilles. Ils ne savent plus où ils en sont, confrontés à vos textes indigestes ; ils ne comprennent plus rien à vos exigences imaginaires ; ils ne peuvent plus suivre vos caprices injustifiés. Il ne s'agit pas de tout laisser tomber, il s'agit de faire un break.

Votre empilage de réglementations, de nouvelles contraintes et de taxes, plutôt que d'améliorer le sort de ce secteur d'activité très fragile, l'aggrave considérablement. Votre esprit courtermiste est un poison. La récession est pleinement là et ce n'est pas le moment de charger encore et encore la barque. Elle coule. L'hôtellerie et la restauration ne doivent pas être votre terrain de jeux médiatiques.

Les restaurants et hôtels qui ferment, et fermeront bientôt, se compteront par milliers. Le plus souvent à cause de vous et de vos décisions populistes, prises à la va-vite et sans réflexion de fond ou vue d'ensemble. Et ce ne seront pas nécessairement des mauvais, avec de médiocres prestations, qui disparaîtront. Qu'on se le dise.

Les professionnels sont trompés, tout comme les salariés et les consommateurs. Même politiquement, vous n'avez rien à gagner à fabriquer tant d'usines à gaz réglementaires, qui font perdre son temps à la profession et dépenser tant d'argent pour rien, alors que d'autres urgences ne sont pas traitées. Nous voulons parler de la vraie modernisation du secteur, de ses besoins de retrouver des clients perdus, des jeunes qu'il faut attirer et former, des bons professionnels qu'il faut soutenir et aider, des jeunes qu'il faut encourager et coacher à entreprendre,…

Alors oui, les CHR se composent aussi de flibustiers, de fraudeurs et de tricheurs, à la prestation malheureuse. Ceux-là, vous ne les avez pas empêchés et vous les avez enrichis par vos mesures imbéciles. Mais, il existe à côté d'eux une armée de bons professionnels, passionnés et méritants, qui ont à cœur de bien faire. Sauf qu'ils sont de plus en plus désabusés, en déshérence, voire écœurés. C'est à cause de vous. Ceux-là, personne ne les aide. Et ce ne sont pas vos réformes ratées qui y parviendront.

Alors encore une fois, de grâce, Mesdames et messieurs les dirigeants et responsables politiques de notre cher pays, oubliez-les ; oubliez la restauration et l'hôtellerie françaises. Si vous ne pouvez ou ne souhaitez pas les soutenir, alors laissez leurs professionnels enfin travailler paisiblement — tant que possible —, dans la sérénité et la maîtrise de leur entreprise. Ils doivent trouver les moyens de survivre face à la brutalité économique qui les frappe trop fortement.

Vos réglementations sont des casse-tête inutiles, qui imposent des investissements non productifs et font perdre un temps fou, là où les petites entreprises, très majoritaires, n'en ont pas à leur disposition.

Alors, au nom et pour la cause des hôteliers et des restaurateurs, laissez-les respirer et …fichez-leur la paix. Stop aux réglementations et taxes nouvelles ! C'est urgent.

 

Mark Watkins - Président du Comité pour la Modernisation de l'Hôtellerie Française

 

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