Hôteliers, restaurateurs : Fichez-leur la paix !

10 novembre 2011

Un manifeste pour redevenir raisonnable. TVA, taxe sur les chambres d'hôtels dite de luxe, réglementation incendie, classement hôtelier, normes d'hygiène, réglementation sur l'accessibilité, prime dite Sarkozy, contrat d'avenir, plan de modernisation du tourisme, label Qualité tourisme, distinction palace, information sur les cartes des restaurants, titre de Maître Restaurateur,… et plus encore ! Depuis ces dernières années, les hôteliers et les restaurateurs ont été particulièrement bien servis en nouvelles et pesantes contraintes de toutes sortes. C'est bien simple : ils n'en peuvent plus ! La casserole est pleine.

Il est vrai que cette cascade réglementaire nouvelle fait suite à deux ou trois décennies de laxisme, où il ne s'était quasiment rien fait de progressiste pour la profession. Mais là, n'est-ce pas de trop ? Pourquoi tout ça si brutalement ? Et pour quoi faire ?


A ne plus rien comprendre

Car si personne ne peut contester la légitimité et l'intention de beaucoup de réformes (sécurité incendie, classement hôtelier, accessibilité, et même le relevage de la TVA par solidarité nationale), il faut bien reconnaître que presque la totalité de ces "nouveautés" est un bourbier sans nom. De plus, la majorité de ces réformes se trouvent tellement mal ficelées qu'elles en ont perdu tout leur vrai intérêt et tout (bon) sens. Les hôteliers et les restaurateurs ont aujourd'hui le ciel qui leur tombe sur la tête. Il ne se passe plus une semaine sans qu'on leur annonce de nouvelles règles à venir, de nouveaux prélèvements obligatoires, de nouvelles mesures et taxes, faites — bien sûr — pour leur bien (sic). A ces nouvelles obligations s'ajoutent toutes celles qui existaient déjà dans le domaine social, dans l'hygiène, dans la protection des consommateurs,… qui produisent autant de contrôles, autant de déclarations administratives, autant de frustrations et autant d'incompréhensions.

L'hôtellerie et la restauration sont un des secteurs économiques devenu — à tort ou à raison — parmi les plus contrôlés et les plus réglementés.


Laissez-les tranquille !

Aussi, s'il vous plaît, Messieurs les responsables de Gouvernement, Sénateurs et Députés, hauts fonctionnaires,… laissez à présent la profession des CHR tout simplement …tranquille. Elle ne sait plus où elle en est face à vos textes indigestes, elle ne comprend plus rien à vos exigences "sorties du chapeau", elle ne peut plus suivre. Il ne s'agit pas de tout laisser tomber, il s'agit de faire un break.

Votre empilage de réglementations, de nouvelles contraintes et de taxes, plutôt que d'améliorer le sort de ce secteur d'activité très fragile, l'aggrave considérablement. Les restaurants et hôtels qui ferment et fermeront bientôt se compteront en milliers. Le plus souvent à cause de vous et de vos décisions prises à la va-vite et sans réflexion de fond. Et ce ne seront pas nécessairement des mauvais, avec de médiocres prestations, qui disparaîtront. Qu'on se le dise.

Les professionnels sont trompés, tout comme les salariés et les consommateurs. Même politiquement, vous n'avez rien à gagner à fabriquer tant d'usines à gaz réglementaires, qui font perdre son temps à la profession et dépenser tant d'argent, alors que d'autres urgences ne sont pas traitées. Nous voulons parler de la vraie modernisation du secteur, de ses besoins de retrouver des clients perdus, des jeunes qu'il faut attirer et former, des bons professionnels qu'il faut soutenir et aider,…

Alors oui, les CHR se composent d'un grand nombre de flibustiers, de fraudeurs et de tricheurs, à la prestation malheureuse. Ceux-là, vous ne les avez pas empêchés et vous les avez enrichis par vos mesures imbéciles. Mais, il existe à côté d'eux une ribambelle de bons professionnels, passionnés et méritants, qui ont à cœur de bien faire. Sauf qu'ils sont de plus en plus désabusés, en déshérence, voire écœurés. C'est à cause de vous. Ceux-là, personne ne les aide. Et ce ne sont pas vos réformes ratées qui y parviendront.


Ne pas donner d'occasions de donner une mauvaise image à la profession

Et puis, de grâce, s'il existe au moins une raison de vouloir cesser de réformer et de retoucher réglementairement la profession des CHR, ce serait celle de ne pas donner d'occasions à ses "représentants" de prendre le micro. Car au nom de leur obligation d'aller au front pour râler sans réfléchir dès qu'une loi ou un arrêté sont annoncés, ils en arrivent à dire dans chaque communiqué de presse et dans chacune de leurs interventions dans les médias, des inepties et à déployer des affirmations corporatistes bien regrettables. Car finalement, le grand malheur des hôteliers et des restaurateurs, déjà si grand, n'est qu'amplifié par l'image déplorable que quelques uns de leurs "chefs nationaux" de syndicats hôteliers donnent à l'opinion, par leurs interventions désolantes, faites d'arguments amateuristes. La profession n'avait franchement pas besoin de ça.

Alors, pitié, Messieurs les dirigeants et responsables politiques de notre cher pays. Oubliez tant que possible la restauration et l'hôtellerie, et laissez leurs professionnels enfin travailler paisiblement — tant que possible —, dans la sérénité et la maîtrise de leur entreprise. Ils doivent trouver les moyens de survivre face à la crise économique qui les frappe trop fortement. Vos réglementations sont des casse-tête inutiles, qui imposent des investissements non productifs et font perdre un temps fou, là où les petites entreprises, très majoritaires, n'en ont pas à leur disposition.

Quant au dossier de la TVA, le mieux serait ne plus en parler à qui que ce soit : ni aux médias, ni à la clientèle, qui finalement s'en fiche pas mal. Elle n'attend pas de ristournes de quelques centimes sur ses notes et ses additions ; elle espère juste de meilleures prestations. Rien de moins, rien de plus.


Alors, au nom et pour la cause des hôteliers et des restaurateurs, par pitié, laissez-les respirer et …fichez-leur la paix ! Stop aux réglementations et taxes nouvelles. C'est urgent.


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